​L'ESPRIT DES LIEUX

 

Au couvent des annonciades célestes il n’est pas question de se concentrer sur les seules plaies qui se font jour au quotidien. Au contraire, il s’agit de mettre en lumière ce que l’architecture, l’urbanisme ou l’art des jardins peuvent produire de mieux.

Expositions, conférences, études... autant de matières pour alimenter un débat souvent absent ou caricaturé.

 

Les exemples peuvent être modestes ou monumentaux, anonymes ou célèbres, urbains ou ruraux, ils ont en commun un certain idéal de beauté, de majesté et de sérénité, affiché ou suggéré. Il s’agit souvent de constructions anciennes. Cela non pas dans le but de faire l’apologie d’un passé idéalisé face à un présent qui serait accablé de tous les maux. Ils sont mis en avant simplement parce qu’ils sont beaux et peuvent servir de totems pour inventer aujourd'hui.

Notre époque apporte de vrais progrès, au sens d’une amélioration, qu’il s’agisse de santé, de communication ou même de musique, si l’on est curieux. Certains arts s’interrogent entre "tradition" et "modernité", dialoguent autour des différentes orientations possibles. Loin du théâtre ou de la musique, l’architecture et, plus globalement, l’urbanisme et l’aménagement, n’ont pas ou peu droit à ces débats. La modernité est offerte ainsi et si vous n’y êtes pas favorable telle que présentée c’est que vous n’avez pas compris ou si vous êtes heurté c’est parce que c’est conçu pour vous choquer donc c’est forcément un succès. Tout au plus se questionne-t-on sur la place de l’environnement et plus généralement du développement durable mais sans remettre en question les éternelles tours et autres cubes qu’on habille de bois et de plantes pour passer ce nouveau cap sans changer de modèle. Pourtant les constructions anciennes étaient durables par essence. On peut évoquer les matériaux qui étaient de fait en circuits courts et recyclables, garantissant une variété régionale certaine même avec un style architectural similaire. A cet ancrage dans les territoires pourraient s’ajouter l’économie de l’espace et de la mobilité que les constructions possédaient par nature, sans oublier l’intelligence de la main qui peut valoriser tout à chacun.

Vous l’aurez compris, au couvent des annonciades célestes, on savoure une certaine idée assumée du "beau" au travers des sites et cités qui pourraient nous inspirer demain si une autre voie était possible. Il n’y a aucune place pour une vision réactionnaire ou identitaire du bâti, il s’agit simplement de renouer avec des constructions qui dialoguent pour former des ensembles harmonieux où l’on peut s’épanouir. Face au morcellement actuel souvent incapable de produire une simple place publique ou une rue sans ennui, il semble que des périodes passées aient su produire des édifices et des ensembles inégalés dont on serait bien avisé de s’inspirer. C'est ce que nous voulons tenter de faire, par conviction dans ce qui est encore une utopie.

Nul besoin de simuler l’admiration convenue face aux prétentions pompeuses et sans âme que l’on s’entête à produire à grand renfort de logiciels standardisés. L'idée ici est de puiser dans nos sources un élan constructif simple au service de l’embellissement pour tous.

 

Vaste programme !
 

La fabrique

du patrimoine

​​Architectures de verre, de béton et d'acier où le décor se fait rare, espaces publics minéralisés au mobilier urbain criard vite démodé, périphéries qui oscillent entre pavillons et boîtes en fer appelées "magasin"... force est de constater que ce qui est présenté comme la "modernité" pour vivre et habiter fait l'impasse sur des notions autrefois essentielles comme la recherche de l'équilibre et l’embellissement des espaces publics.

Peut-être parce que cela nécessite certaines notions du "beau". L'idée elle-même est sujette à discussion. Cependant, à vouloir la relativiser sans cesse (plutôt que d’assumer qu’elle n’est plus une valeur qui guide l’aménagement et l’urbanisme ?), on évite d’affronter un paradoxe contemporain : plus la technique progresse et permet de relever les défis des bâtisseurs, plus les dessins des constructeurs se banalisent en une médiocrité internationalisée. Les exemples sont légion, de la maison du quotidien en passant par les grands projets urbains, auxquels s’ajoutent des paysages malmenés chaque jour. De quoi alimenter les questionnements sur la notion de "progrès". Là où on pourrait imaginer, à l’inverse, que les nouvelles techniques amènent le "beau" plus facilement et au plus grand nombre, en réalité il généralise la "laideur" : conséquences techniques ou choix de société ?

Couvent des annonciades célestes - 22, avenue Irma Masson - 52 300 JOINVILLE

Téléphone : 06 58 96 88 70

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